STEPHEN SHORE EN VIDEO
Bernard | 5 septembre 2008Une vidéo particulièrement intéressante sur la façon de penser d’un grand photographe. Stephen Shore nous livre les clés de son travail, de son vécu et de son futur. A méditer !
Voici la traduction de ces propos.
Ce que crois traverse mon esprit quand je prends des photos, c’est comment les éléments s’articulent entre eux. Je recherche en silence un équilibre, un point central de l’image. Quand je l’ai trouvé, je sais alors exactement où me placer et où placer l’appareil.
Un travail peut contenir des choses :
- Explorer le médium
- Explorer la perception
- Explorer les autres niveaux psychologiques
Je les travaille tous
Une chambre photographique enregistre de façon très détaillée. Cela me permet de voir des points d’intérêt mais de ne pas les mettre comme seuls points d’intérêt de l’image.
Un spectateur avec une scène détaillée, prendra plusieurs minutes pour la regarder. Mais il m’a fallu que quelques secondes pour prendre cette photo. C’est une forme de temps compressé.
L’appareil est un moyen technique de communiquer ce à quoi le monde ressemble quand on est dans un état de haute conscience.
Je suis intéressé par cette conscience appliquée au monde de tous les jours.
Je suis mon instinct. Je travaille sur différentes problématiques et différents moments. Par exemple l’architecture. C’est l’expression des forces culturelles. Les formes me parlent, leur résonance émotionnelle et psychologique ainsi que la lumière me motivent.
J’ai une sorte de pensée visuelle sans parole, sans voix dans la tête. Avant d’enseigner, je ne verbalisais jamais. Je travaille seul et ne parlais pas. J’ai appris à verbaliser ce que je voyais, ce que je ressentais. C’est utile, ça a clarifié les choses.
J’ai beaucoup appris en regardant Andy Wharol. J’ai compris que l’art est fait de décisions sérieuses. Le voir faire quelque chose, l’écarter et essayer de faire quelque chose d’autre : ce processus de prise de décision d’un artiste en action à déclencher le début de ma pensée.
J’ai passe beaucoup de temps à explorer la structure de l’image et à voir comment organiser l’espace dans l’image. Mon travail a atteint une complexité structurelle grandissante.
Je regarde cette route en 1975. Elle fait passer le sens de l’espace (la lumière y joue aussi un rôle important). J’ai conscience d’articuler l’espace, comment les poteaux sont-ils reliés entre eux ? Quel espace y a t il entre les différents éléments ? Ensuite j’ai choisi un point qui articule cet espace au mieux.
Je n’ai jamais recadré mes photos. Le photographe qui m’a ple plus influence, Walker Evans, recadrait ses photos tout le temps. Je n’ai rien contre.
J’aime jouer le jeu avec certaines règles, certaines frontières. Pour moi c’est plus intéressant de savoir que la décision prise pour une photo est une décision avec laquelle je dois vivre.
Il y a deux modèles de photographe. Celui qui a une vision puissante, prédominante et directive et celui qui se réinvente. Je fais partie de la 2e catégorie. Si je me vois me répéter, je change quelque chose de basique pour me poser de nouvelles questions, de nouveaux problèmes à résoudre.
J’ai passé 10 ans dans l’exploration formelle. Je n’y pense plus mais je n’oublie pas. C’est comme marcher, on ne pense qu’à là où on doit aller.
En photographie, je pense à là où je dois aller.







Bonjour Bernard. Jolis propos ! J'aime bien Shore. Je trouve
Parismages | 8 septembre 2008Bonjour Bernard. Jolis propos ! J’aime bien Shore. Je trouve qu’il a une façon de décrire son travail qui permet de comprendre sa démarche et qui amène à regarder ses photos différemment. J’irai regarder la video ce soir.
@ Catherine de Parismages. Shore est non seulement un grand photographe mais un pédagogue confirmé et je pense qu’on a tous des choses à tirer de ses propos. Merci pour ton blogroll, j’ai encore des améliorations à faire ! à bientôt!