ERWIN OLAF chez APERTURE
Bernard | 11 janvier 2009Photographe et vidéaste néerlandais, Erwin Olaf, produit une œuvre personnelle remarquable à côté de ses travaux publicitaires. Aperture réunit dans un ouvrage soigné 3 séries et 5 films réalisés par l’artiste.
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Les images d’Olaf (né en 1959) de ce livre proviennent des séries Rain (2004) auscultant l’instant du deuil, Hope (2005) et Grief (2007) explorant les stéréotypes américains. Elles créent immanquablement un trouble chez le spectateur.
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La mise en scène, évidente, présente un aspect ciselé, travaillé dans les détails selon une esthétique combinant les décors d’un Norman Rockwell et ceux de cinéastes de films noirs comme David Lynch. Le mobilier, typique des années 50 et 60, et les couleurs fanées font penser aux tableaux silencieux d’Edward Hooper.
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Les personnages semblent figés, coincés dans leur posture d’attente ou de résignation, apprêtés dans leurs vêtements. Ils sont comme distants, absents, absorbés dans leurs pensées, aucun ne sourit. Leur maquillage, parfois exagéré, leur coiffure sans défaut et leurs habits toujours disposés impeccablement s’accordent aux décors léchés, stylisés.
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Mais cette perfection idyllique ne sied pas aux sentiments exprimés par les postures et les expressions des visages. Le tableau est discordant. D’où cet inconfort, ce malaise chez le spectateur. Ces images insolites nous forcent à une réflexion.
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Le temps marque une pause dans un silence manifeste, et la scène contient une intensité relative à un événement extérieur passé ou à venir. Ainsi les personnages vivent un moment d’intimité capturé par l’artiste. La mélancolie, la détresse, la peine voire la douleur se dégagent de certaines de ces photos. Les difficultés de communication et la solitude imprègnent l’atmosphère d’autres images. Notre regard, attiré par la beauté des photographies, se surprend à être troublé par le voyeurisme latent.
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L’univers hors du commun d’Erwin Olaf, offre une vision surréaliste et sensible d’un monde fait de mélodrames avec des personnages aux allures de mannequins. Dans ses portraits, son style reprend beaucoup de l’esthétique hollandaise chère à Rineke Dijkstra, Desiree Dolron ou Carla Van Puttelaar, avec des tableaux racés, fins et conformes à la tradition picturale de la peinture flamande.
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Au final, la réalité des personnages aux postures de mannequins de vitrine, associée aux lieux reconstitués comme la réalité, porte un regard ironique sur notre monde. Et laisse durablement chez les spectateurs une impression d’étrangeté. Les autres travaux d’Erwin Olaf confirment la présence d’un talent authentique aux images sophistiquées et aux concepts novateurs.
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Le site d’Erwin Olaf mérite vraiment le détour par son contenu et par sa réalisation technique.
Editeur : Aperture
Parution : septembre 2008
Largeur 24,5 cm Hauteur 33 cm Epaisseur 1,9 cm
Reliure: cousue
Couverture carton entoilé de couleur bleue avec photo collée et nom embossé
128 Pages, très belle qualité de réalisation mais les reproductions restent moyennes, on voit la trame sur les grands aplats
Un DVD inclus avec 5 séquences : Grief (2:08), Le Dernier Cri (1:45)), Annoyed (5:30), Rain (3:02) et Wet (2:02).
Anglais
ISBN: 978-1-59711-061-7
Imprimé CS Graphics à Singapour
Photogravure : n.c
Prix : 65 euros















Je l'ai acheté aussi (mais seulement 29 GBP soit 30
photoculteur | 11 janvier 2009Je l’ai acheté aussi (mais seulement 29 GBP soit 30 EUR environ). J’espère que tu as aussi Rain Hope qui se lit par les deux bouts
Quant à Rineke Dijkstra, Desiree Dolron et Carla Van Puttelaar que tu évoques (à quelques lettres près
je suis TRES fan
a+
@ Photoculteur. J'ai dû payer mon exemplaire une cinquantaine d'euros
Bernard | 12 janvier 2009@ Photoculteur. J’ai dû payer mon exemplaire une cinquantaine d’euros ce qui est encore une belle somme. J’imagine que tu es passé par Amazon UK.
Merci pour ton rappel orthographique voilà ce qui arrive quand on travaille de mémoire alors que je dispose des livres de ces auteurs photographes.
L’école hollandaise me fascine par son renouvellement permanent avec à chaque fois un plaisir visuel et une émotion réelle !!
Moi je n'ai pas acheté le livre, mais j'ai lu
Catherine | 12 janvier 2009Moi je n’ai pas acheté le livre, mais j’ai lu une interview de Olaf à l’occasion de sa sortie et j’ai trouvé son approche très intéressante, même si je trouve ses photos trop dérangeantes pour qu’elles m’attirent. Mais il y a du talent photographique la dedans, c’est sûr !
@ Catherine. Les photos de ce livre ne sont pas
Bernard | 12 janvier 2009@ Catherine. Les photos de ce livre ne sont pas les plus dérangeantes !! Loin de là. Si tu fais un tour sur son site, tu verra une oeuvre iconoclaste, éloignée de tout conformisme ou du politiquement correct. Mais il le fait avec beaucoup de talent…
Assez étrange en effet. J'aime assez le décor mis en
Anne-Laure | 14 janvier 2009Assez étrange en effet.
J’aime assez le décor mis en scène avec de superbes lumières et un rendu couleur vraiment beau, par contre, c’est vrai que je suis gênée par les postures vraiment « coincées’.
Pour cette raison, les photos qui m’attirent le plus sont la deuxième (avec les deux personnages dans le couloir d’hôtel) et les deux dernières : quand les personnages sont appuyés sur le mur ou assis, on ressent moins l’aspect statique il me semble.
Le reste de son boulot semble en effet assez … surprenant !…
# Anne-Laure. Il se dégage de ces photos une atmosphère
Bernard | 14 janvier 2009# Anne-Laure. Il se dégage de ces photos une atmosphère particulière qui ne laisse personne indifférent.
Et, à mes yeux, une image qui fait réagir est une image réussie.
On aborde de fait le versant artistique de l’oeuvre avec sa mise en scène, son exécution et sa présentation. Olaf sait user de l’ensemble des critères pour nous faire réagir et délivrer son message … surprenant !