THE BLUE ROOM D’EUGENE RICHARDS
Bernard | 18 janvier 2009Un livre grand format pour un photographe d’envergure. Les éditions Phaidon proposent The Blue Room, balade à travers les maisons abandonnées de l’ouest américain. Un travail personnel d’Eugene Richards, photographe réputé pour son œuvre jusqu’alors orientée vers les plus démunis.
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.Eugene Richards, The Blue Room, Phaidon, 2008
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Né en 1944 à Dorchester, Eugene Richards, diplômé en Anglais et en journalisme à Boston, étudie la photo au MIT, et commence son œuvre en questionnant en noir et blanc les problèmes sociaux de son époque. Cette fois ce ne sont plus la misère, le cancer, la toxicomanie ni la médecine d’urgence, les affres du 11 septembre et les difficultés des exclus qui ont attiré l’attention du photographe social.
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Eugene Richards, The Blue Room, Howe, Nebraska, June 2005, p. 11
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Après avoir parcouru les plaines de l’ouest des USA pendant 3,5 ans, Eugene Richards montre des photos, pour la première fois en couleur, de ces maisons en état de décrépitude avancée.
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Eugene Richards, The Blue Room, Ancho, New Mexico, October 2007, p. 105
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Aux prises de vues extérieures des constructions dévorées par le temps et la végétation, s’ajoutent des photos des pièces intérieures, elles aussi abîmées, ravagées, détériorées par l’humidité et le vent. Elles se complètent parfaitement pour donner une impression sensuelle de l’état des lieux.
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Eugene Richards, The Blue Room, Powers Lake, North Dakota, September 2006, p. 113
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Certains clichés représentent des gros plans d’objets laissés sur place par les anciens occupants. D’autres, des natures mortes, regroupent plusieurs objets oubliés. Ensemble, ces images nous font revivre de façon imaginaire la vie existante dans ces lieux.
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Eugene Richards, The Blue Room, Near Powers Lake, North Dakota, September 2006, p. 71
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De temps à autres apparaissent des animaux, vivants ou morts, avec un côté surréel assumé. Juste pour nous signaler « la nature transitoire des choses ».
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L’utilisation de la lumière naturelle, la composition, recherchée pour certaines des images et dans la norme du reportage social pour d’autres, et enfin la palette de couleurs quasi stable pour l’ensemble des photos confèrent à ce travail une remarquable homogénéité. Qui ajoutée au nombre élevé de photos (78) et à leur grande surface visuelle, donne un poids certain au message passé.
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Eugene Richards, The Blue Room, Near Langdon, North Dakota, November 2006, p. 65
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A la différence d’un Robert Polidori, qui explore aussi des lieux abandonnés, le travail de Richards se colore d’un humanisme latent. Les lieux décatis reprennent vie avec une poupée allongée, une robe de mariée suspendue à une patère, des cœurs accrochés au mur. Un peu de vie ressurgit de ces chambres aux occupants invisibles.
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Eugene Richards, The Blue Room, Corinth, North Dakota, January 2006, p. 129
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Fragilité de la vie, méditation sur la mémoire, vulnérabilité de l’être humain et de ses productions, mélancolie du temps passé, autant de pistes soulevées par l’auteur de Dorchester Days (1978), Cocaïne True, Cocaïne Blue (1994) et de Fat Baby (2004).
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Eugene Richards, The Blue Room, Near Fortuna, North Dakota, September2006, p. 63
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Une exploration personnelle qui en ces temps de crise apporte un regard complémentaire et intelligent sur les thèmes de l’abandon, du changement, de la vulnérabilité et de l’empreinte des hommes.
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Eugene Richards, The Blue Room, Walum, North Dakota, November 2006, p. 117
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Une vidéo intéressante dans laquelle Eugene Richards explique sa manière de voir, ici (en anglais)
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Editeur : Phaidon
Parution : septembre 2008
Largeur 27,5 cm Hauteur 40 cm Epaisseur 2,4 cm
Reliure: cousue
Couverture carton gris partiellement entoilé de couleur rouge texte embossé
Jaquette avec double rabats. Rabat de gauche : présentation du livre. Rabat de droite : biographie
168 Pages, belle qualité de réalisation, reproductions sur pages de gauche de grand format, impression de facture qualitative
78 photos en couleur
Anglais
ISBN: 978-0-71484-832-7
Imprimé en Chine
Photogravure : n.ca
Prix affiché : 75 euros






Un bien beau boulot ! Par rapport à ce que
Anne-Laure | 19 janvier 2009Un bien beau boulot ! Par rapport à ce que tu nous montres, je pense que l’on peut vraiment dire que Eugène Richard ne se contente pas du sujet, du côté un peu voyeur et misérabiliste vers lequel la série aurait pu vite tourner. Pour un premier travail en couleurs, d’après ce que tu dis, c’est remarquable ces teintes qui donnent vie aux images !
Sans doute qu’en noir et blanc, on aurait eu des images plus froides, plus glauques.
Par contre, on sent bien le souci de composition du photographe noir et blanc. On a vraiment des points de vue !
Rigueur du noir et blanc adoucie par la couleur… pour un très beau résultat !
Merci encore pour cet article !
@ Anne-Laure. C'est vrai que le sujet peut laisser craindre
Bernard | 19 janvier 2009@ Anne-Laure. C’est vrai que le sujet peut laisser craindre des dérives misérabilistes. Mais comme tu le dis si bien, Richards a un sens de la composition aiguisé plus une sensibilité profonde aux nuances de couleurs. Le tout donne une travail remarquable.
Le livre regorge d’autres images qui valent le détour. Je suis content d’avoir pu te faire découvrir une artiste important !!